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Catégorie : Musées et expositions
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Le Musée national Picasso-Paris présente du 1er octobre 2019 au 23 février 2020 un ensemble d’environ cent cinquante peintures mettant en scène principalement des têtes et des corps, montrant parfois le décor de l’atelier, se distinguent par une extrême formalisation et l’élaboration d’un système de signes.   

PARCOURS DE L'EXPOSITION

Elle permet la réunion exceptionnelle d’une grande partie d’œuvres si singulières, aujourd’hui dispersées dans le monde entier, en les replaçant dans le contexte du surréalisme et des courants psychanalytiques contemporains.

 TABLEAUX MAGIQUES

À l’été 1926, à Juan-les-Pins, Pablo Picasso inaugure un nouveau cycle d’œuvres, qui s’achève à la fin du premier trimestre de l’année 1930. Ces peintures, mettant en scène principalement des têtes et des corps, montrant parfois le décor de l’atelier, se distinguent par une extrême formalisation et l’élaboration d’un système de signes.

Les figures, d’abord composées de plans et de lignes, puis au contraire d’étranges volumes monumentaux, semblent en perpétuelle métamorphose.

 

 FORMULES SECRÈTES

Les peintures magiques de Pablo Picasso se définissent par leur puissance expressive. Caractérisées par des lignes sinueuses créant un double profil, ou par la modification et la permutation des traits anatomiques, ces œuvres constituent des séries et semblent s’être élaborées au fil de dessins dans un rythme soutenu évoquant une pratique incantatoire.

Le mode opératoire de Picasso a la nature répétitive des sortilèges ou des formules magiques destinés à convoquer en des rites secrets des pouvoirs spirituels invisibles.

 OBJETS MAGIQUES

La création des tableaux magiques est contemporaine d’un essor du goût pour ce type d’objets au sein des cercles artistiques.

Entre 1926 et 1930, Picasso est ainsi en contact avec la deuxième génération de marchands parisiens d’art extra-occidental, parmi lesquels Louis Carré, André Level, Pierre Loeb et Charles Ratton. Auprès d’eux, l’artiste enrichit sa collection. Le Musée national Picasso-Paris conserve onze pièces collectionnées par Picasso ou connues de lui en 1930.

MÉTAMORPHOSES

Les compositions présentées dans cette salle, exécutées à Cannes pendant l’été 1927, montrent comment l’artiste transforme ses dessins de baigneuses sur la plage en ce qui semble être le projet de figures sculpturales, remarquables par l’exagération des parties du corps et des gestes.

Dans Nu sur fond blanc (1927, Musée national Picasso Paris, MP102), une baigneuse projette un long bras effilé vers le haut.

L’intérêt que porte alors Picasso à la sculpture est lié à sa recherche d’une forme pour un monument à la mémoire du poète Guillaume Apollinaire, son ami intime mort en 1918. Mais, le comité Apollinaire, à l’initiative de la commande, refusa le projet. 

TRANSMUTATION

Dans une série de peintures exécutées à Cannes, Picasso affine sa représentation d’une tête de femme, réduisant les traits du visage à des signes : des lignes droites pour les cheveux, le nez (et les narines) placé en haut, les yeux apparaissant en vis-à-vis sur les pommettes ; la bouche verticale bordée de dents dans l’espace intermédiaire, et le contour de la tête proprement dite défini par une forme géométrique irrégulière.

Dans une de ces toiles, l’incorporation de craie pulvérisée dans la surface peinte évoque simultanément une atmosphère brumeuse et le sable de la plage.

 ÉCRITS MAGIQUES

Cette période que Christian Zervos, critique d’art et éditeur de la revue Cahiers d’art, identifie en 1938 comme celle des « Tableaux magiques de Picasso » est remarquée dès sa création par les cercles intellectuels.

Un an après la création de Guernica, cette vision d’un Picasso libre prend une dimension politique, face à la montée des périls internationaux.

 LE POUVOIR D'INVENTION

Le dessin joue un rôle essentiel dans la pratique artistique de Pablo Picasso. Les séries graphiques au fil desquelles il élabore ses images révèlent son exploration simultanée de formes et d’échelles différentes, des dessins aux peintures.

Le groupe de représentations graphiques de l’atelier de l’artiste renvoie au Peintre et son modèle du Museum of Modern Art de New York. Dans tous ces dessins, aux effets de texture travaillés à l’encre de Chine, l’accent est mis sur la figure du peintre avec sa palette à droite, qui dérive directement de la première sculpture en fer soudé que réalise Picasso en octobre 1928.

Pour en savoir plus

http://www.museepicassoparis.fr/informations-pratiques/

AGENDA
http://www.museepicassoparis.fr/evenements_a_venir/